Glen Patrick Moundende le preneur d’Otages des pétroliers est-il un héros ou un zéro ?

Le jeune homme à la silhouette de sportif de haut niveau, parlant un français soutenu pour lister ses revendications malgré son état de captivité est-il un héros à applaudir ou un zéro à bannir ? Le débat est lancé.

Une chose est vrai :  Glen Patrick Moundende est rentrée dans l’histoire. Il est le premier gabonais à prendre des employés du pétrole en otage au Gabon. Personne d’autre ne l’a fait avant lui. Les autres se contentent de bouder dans les bars, les troquets ou les dépôts de musungu (boisson de canne à sucre). Saisir les autorités locales par écrit est une démarche quasi inconnue sinon anecdotique.

RAPPEL DES FAITS

Le mardi 18 juillet 2023 aux environs de 12 heures, les Field Manager et HSSE Exécution Manager OBANGUE/TSIENGUI ont alerté la Direction Générale d’Addax Petroleum oil and gaz Gabon (APOGG) d’une prise d’otage survenue tôt dans la matinée au niveau de la Jonction Coucal.

Le ravisseur formellement identifié est un riverain de la contrée et les deux otages sont des agents de la société MO Sécurité intervenant sur les sites de la compagnie pétrolière chinoise, selon une information rapidement relayée à toutes les équipes en service dans la zone de la prise d’otage.

« Sitôt alertée, la Direction Générale a mobilisé la cellule de crise, informé les autorités administratives et les forces de sécurité, et déclenché les mesures d’urgence requises », précise la note d’informations.

Dans l’après-midi, l’un des otages a pu s’échapper et sa collaboration a permis aux gendarmes de localiser le ravisseur, qui avait entretemps, pris une riveraine en otage.

« L’assaut des forces de sécurité au cours de laquelle un gendarme a été blessé par coup de feu, a été lancé tard dans la nuit aux environs de 1h30 heures. Celle-ci a permis de libérer les deux otages qui sont tous sains et saufs. Le ravisseur qui n’a malheureusement pas pu être neutralisé, a pris la fuite et s’est signalé quelques heures plus tard dans les environs du site de Coucal de Perenco où une employée Catering OML a également été prise en otage », ajoute le communiqué.

Finalement la cavale de Glen Patrick Moundende sera de courte durée. Il a été rattrapé, filmé et interrogé depuis le maquis, certainement par les forces de l’ordre lancées à sa trousse.

Glen Patrick Moudenge en 2016 © Facebook 2016

Le jeune homme explique un état de détresse profond du aux brimades subits de la part des sociétés de sous-traitance chargées de faire travailler les populations riveraines dans les sites pétroliers.

De manière générale, il met sur la table le récurrent problème des retombées pour les populations vivant autour des exploitations pétrolières. Pas d’embauche, pas d’investissements sociaux de base (route, électricité, centre de santé, école, adduction d’eau potable…). La situation est générale dans le pays. Les opérateurs s’engraissent, sont attentifs sur leurs actions en bourse mais bafouent avec la complicité des autorités locales les lois sur les rétributions en faveur des populations riveraines de leurs exploitations.

NUL N’EST CENSE SE FAIRE JUSTICE

Selon une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, le jeune homme assis comme un rebelle capturé soutient que lorsque les entreprises qui exploitent le pétrole dans sa contrée tentent d’agir dans le cadre de la RSE (Responsabilité sociétale de l’entreprise), ils font du saupoudrage, de la poudre de perlimpinpin… rien de durable qui puisse résister longtemps après l’exploitation des ressources.

A cause de ces mépris, dit-il, il a décidé de poser son acte suicidaire soutenant qu’il a au préalable alerté les autorités locales sur ces injustices détestables.

Sauf que la loi reste la loi. Il faut l’appliquer dans toute sa rigueur. Nul n’est censé se faire justice lui-même. Le Gabon est une République. Une République est régie par les lois. Le citoyen Glen Patrick Moundende a clairement enfreint la loi.

Glen Patrick Moundende n’est donc ni un héros, ni un zéro même si d’aucuns l’assimilent déjà à Ken Saro-Wiwa, ce défenseur du peuple Ogonie exécuté le 10 novembre 1995 pour avoir affronté le géant pétrolier Shell qu’il accusait de pillage et de pollution des terres du peuple Ogonie, son peuple du Nigeria.

Carl Nsitou

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